Endo 2 : Utilisation de bouse animale dans les diguettes ou haies vives

1. Description du savoir :
L’utilisation de bouse de bétail comme fertilisant et stabilisateur dans les haies vives ou les diguettes est une pratique courante dans les zones rurales du Nord Cameroun. Cette méthode permet d’enrichir le sol tout en favorisant la rétention d’eau et la lutte contre l’érosion. La bouse est souvent mélangée à d’autres matériaux organiques pour maximiser son efficacité. Les haies vives formées autour des champs jouent un rôle important dans l’agroécologie locale.

2.Objectif visé / Problème résolu :
Améliorer la fertilité du sol et réduire l’érosion causée par les fortes pluies et l’activité humaine.
Conserver l’humidité et régénérer les sols pour une meilleure productivité agricole, même en période de sécheresse.
✅ Réduire la dépendance aux engrais chimiques coûteux et polluants, tout en utilisant des ressources locales.

3. Innovation « moderne » correspondante :
Engrais chimiques et haies artificielles en plastique ou en métal qui ont pour objectif de protéger les sols, mais qui n’ont pas les avantages écologiques de la méthode traditionnelle.
➡Les haies artificielles offrent une protection physique contre l’érosion, mais n’apportent pas les bénéfices écosystémiques des haies vivantes (biodiversité, régénération naturelle des sols).

4. Comparaison des résultats

CritèreUtilisation de bouse animale dans les haies vivesEngrais chimiques et haies artificielles
Efficacité🌿 Durable avec des résultats lents mais sûrs sur le long terme🌍 Rapide, mais avec des effets secondaires sur la santé du sol et l’environnement
Coût🌍 Très faible, utilise des ressources locales (bétail)💰 Élevé, nécessite des produits importés
Accessibilité🌍 Facilement accessible dans les zones rurales avec un bétailLimitée, nécessite un accès constant aux produits chimiques
Durabilité des résultats🌿 Élevée, contribue à la réhabilitation des sols sur le long termeFaible, dépend de la continuité d’application et de la disponibilité des produits
Impact environnemental🌍 Positif, améliore la biodiversité et la santé des solsNégatif, contribue à la dégradation du sol et à la pollution
Résilience climatique🌿 Haute, protège les sols contre l’érosion et la sécheresseModérée, surtout en cas de rupture de chaîne d’approvisionnement

5. Problèmes rencontrés par les femmes :

  • Accès limité au fumier : La disponibilité de la bouse est parfois restreinte, surtout dans les zones où le bétail est peu abondant.
  • Surcharge de travail : La collecte de la bouse, son application dans les champs et la gestion des haies peuvent être fatigantes et chronophages, surtout pour les femmes déjà chargées d’autres responsabilités.
  • Pression pour adopter des pratiques modernes : Il existe une pression pour se tourner vers des solutions comme les engrais chimiques ou les haies artificielles, perçues comme plus rapides et efficaces.

6. Transmission intergénérationnelle :
Forte : Cette pratique est largement transmise par les aînées au sein des communautés rurales, surtout dans les familles ayant une tradition d’agriculture agroécologique. Cependant, elle est également en diminution en raison de la modernisation et de l’évolution des pratiques agricoles.

7. Facteurs de résilience climatique :
Haute résilience face aux conditions de sécheresse et aux pluies excessives grâce à la conservation de l’humidité et à la protection du sol contre l’érosion.
Soutien à la régénération des sols grâce à l’amélioration progressive de leur structure.
Réduction de la dépendance aux produits extérieurs comme les engrais chimiques et les haies artificielles.

8. Orientations stratégiques pour renforcer ce savoir :

Encourager l’intégration de cette pratique dans des programmes d’agroécologie locaux, avec des formations ciblées sur son application et ses bénéfices à long terme.
Promouvoir l’usage du fumier en tant que pratique durable et adaptée au climat, en renforçant l’accès aux ressources animales dans les communautés.
Renforcer les capacités des femmes pour qu’elles puissent gérer plus efficacement cette technique, notamment en matière de gestion des haies et des sols.
Développer des partenariats avec des institutions de recherche pour mieux évaluer les bénéfices agroécologiques et renforcer les connaissances locales.
Valoriser les savoirs traditionnels et les intégrer dans les politiques agricoles et climatiques locales, afin de soutenir la résilience des communautés rurales face aux défis du changement climatique.

 « L’utilisation de la bouse animale dans les haies vives ou les diguettes est une méthode durable qui permet d’améliorer la fertilité des sols tout en protégeant les ressources en eau et en réduisant l’érosion. C’est une pratique communautaire valorisée qui renforce l’autonomie des femmes, tout en offrant une réponse efficace aux défis climatiques actuels. »

Ecrit par

  • FACDDUC

    Femme et Action Communautaire pour le Développement Durable au Cameroun (FACDDUC) est une Association de jeunes femmes multidisciplinaires ayant une vision commune dont l’objectif est de promouvoir le développement local pour les femmes et avec les femmes dans une vision d'innovation participative.

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

0 Partages